L’Asie est-elle la gagnante de la pandémie ?

Sans surprise, grâce notamment aux importantes mesures de relance budgétaire, les premières estimations du PIB américain au premier trimestre ressortent à un taux annualisé de + 6,4 %. Le président américain, Joe Biden, a proposé la dernière partie de son programme de dépenses et investissements totalisant 6 000 milliards de dollars.
Funds Watch

Mercredi 28 avril, la Réserve fédérale a laissé ses taux et ses achats mensuels inchangés. Le communiqué de la Fed ne mentionne plus de risques considérables pour les perspectives économiques, tandis que le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré que les hausses de prix attendues au cours des prochains mois seraient transitoires.

La question du retour de l’inflation alimente cependant les débats outre-atlantique. Le début d’année a été marqué par les tensions sur les marchés obligataires, principalement US. Larry Summers, l’ancien ministre des finances, est particulièrement actif dans les médias pour souligner les risques inflationnistes de la relance budgétaire de l’administration Biden combinée à une politique monétaire accommodante. Avec la réouverture de l’économie américaine et l’avancée rapide des campagnes de vaccination, la confiance se renforce concernant la croissance, ce qui commence à se traduire dans les niveaux de prix et de salaires.

La situation est assez différente en Europe, où l’activité économique reprend mais les incertitudes restent fortes en Europe du fait d’une épidémie moins contrôlée qu’aux États-Unis. Les marchés actions européens ont cependant connu une forte performance sur les dernières semaines.

L’Asie est une zone généralement sous pondérée dans les allocations d’actifs et les indices, alors que l’Asie émergente Inde et Chine compris, devrait représenter plus de la moitié du PIB mondial d’ici à 2045. Le poids de son économie rattrape celui des marchés développés, mais n’est pas encore intégré dans les marchés financiers. Ainsi, les pays émergents d’Asie ne représentent que 10% de l’indice des actions mondiales (MSCI ACWI) bien que leur poids dans l’économie mondiale et les bénéfices des entreprises s’élèvent à environ 24%.

Plusieurs facteurs militent pour un potentiel de performance des marchés asiatiques. Tout d’abord, grâce à la gestion exemplaire de la pandémie, l’activité économique de la région a retrouvé le niveau qu’elle avait avant l’arrivée de la crise de la COVID 19. De plus, les pays d’Asie n’ont pas eu à recourir aux largesses fiscales et monétaires de l’Europe et des États-Unis, ce qui leur laisse une marge de manœuvre supérieure. Ainsi, la deuxième économie mondiale est entrée dans la pandémie avec une dette publique inférieure à 50% du PIB, celle-ci devrait atteindre 68% en 2022. La situation n’est pas comparable aux économies du G5 où le ratio dette/PIB devrait dépasser les 150% en moyenne à la même date. L’Asie est ainsi parvenue à soutenir sa croissance sans semer les germes de risques financiers futurs. La croissance du PIB en Asie devrait être de l’ordre de 9% en 2021 quand il sera de 5% dans les économies avancées. Cette croissance sera très forte au regard de la contraction de 0,2% enregistrée l’année dernière contre 5% pour les pays développés. Cette gestion provient en partie des réformes structurelles qui devraient s’accélérer pendant les prochaines années. Les gains de productivité sont très importants grâce à l’urbanisation, à une plus grande inclusion financière et à l’amélioration des niveaux d’éducation avec des taux de scolarisation en forte progression en Chine, en Inde et dans la plupart des pays d’Asie du Sud. Enfin, l’intégration régionale devrait contribuer à stimuler encore davantage la croissance à long terme. Ainsi, en novembre dernier, les pays émergents d’Asie ont dévoilé un nouveau pacte commercial ambitieux – le Regional Comprehensive Economic Partnership agreement – RCEP. Cet accord couvre le commerce des biens et des services et les investissements dans 15 pays qui représentent 30% de la population mondiale. Le niveau de vie asiatique s’améliore rapidement et sa population devient de plus en plus aisée. D’ici à la fin de la prochaine décennie, l’Asie réunira les deux tiers de la classe moyenne de la planète. Un grand nombre de ces ménages investissent également dans les marchés actions.

Dans ce contexte, la montée en puissance de l’Asie aura de profondes implications pour les investisseurs car les marchés financiers ne semblent pas encore en avoir tenu pleinement compte. Si le 19ème siècle était celui de l’Europe et le 20ème celui des États-Unis, le 21ème sera probablement celui de l’Asie.

Cabinet Leduc & Associés 
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