Les marchés d’actions sont actuellement dans une phase de rebond. Entre les points bas touchés la semaine dernière et les niveaux actuels, près de 20 % ont été gagnés.

La violence du mouvement de reprise n’a d’égale que celle du plongeon qui l’a précédé. Il est parfaitement légitime de s’interroger sur la pérennité de cette reprise.

Comment s’explique ce mouvement ?

La réaction des gouvernements des principaux pays industrialisés a été massive pour tenter de contrer les effets délétères de la crise sanitaire sur l’économie. Notamment : les Etats-Unis avancent un plan de relance de 2 000 milliards de dollars, la France évoque 300 milliards d’euros de prêts aux entreprises en difficultés, l’Allemagne évoque plus de 800 milliards d’euros de prêts et la Chine multiplie les initiatives également.

Les banques centrales ont elles aussi déployé un arsenal de mesures colossal. Fortes de l’expérience de la crise de 2008, toute une panoplie d’outils a pu être mise en place extrêmement rapidement : baisses de taux, programmes de rachats d’actifs (la Fed envisage même un programme de Quantitative Easing illimité !), soutien massif à la liquidité nécessaire aux banques, etc. Les actions conjuguées des Etats et des banques centrales permettent d’éloigner le spectre d’une crise systémique à court terme.

Par ailleurs, la baisse des marchés de ces dernières semaines a été tellement forte et brutale qu’une reprise technique semble tout à fait compréhensible, d’autant plus que de nombreux pays ont interdit les ventes à découvert afin d’empêcher davantage de spéculation à la baisse (c’est notamment vrai en Europe).

Ce mouvement peut-il durer et les marchés peuvent-ils se rapprocher des niveaux d’avant la crise dans les trimestres à venir ?

Certes une récession sera inévitable à court terme,mais les cours le reflètent déjà… Qui n’avait pas compris, dès la semaine dernière, que la situation sanitaire était grave et qu’elle allait se dégrader encore aux USA ? En effet la baisse des actions s’est faite sur l’anticipation que les bénéfices des entreprises allaient s’effondrer ; ce qui est inévitable… mais pour combien de temps ? Si la situation sanitaire s’améliore, une vie plus normale reprendra, les entreprises recommenceront à créer de la valeur et les valorisations pourraient alors sembler excessivement basses. En effet, le marché valorisait le CAC 40 à plus de 6 000 points il y a moins de 2 mois et depuis, les facteurs de soutien décrits ci-dessus ont émergé pour compenser l’impact négatif de la crise. Par ailleurs, la baisse spectaculaire des cours du pétrole pourrait agir comme un autre facteur de reprise lorsque l’activité redémarrera. Un retour à des cours significativement plus élevés qu’à l’heure actuelle semble dès lors tout à fait possible, dans un scénario de sortie de la crise sanitaire qui ne tarderait pas trop à intervenir.

Des risques de rechute des marchés existent-ils encore ?

La Chine, la Corée du Sud ou encore le Japon ont démontré que la propagation du virus pouvait être jugulée, sans que cela ne prenne plus de deux mois et malgré l’absence de traitement ou de vaccin. Malheureusement, l’absence de mesures strictes de confinement dans plusieurs pays touchés par l’épidémie, et notamment aux USA, fait encore planer un sérieux doute sur la durée qu’il reste à couvrir avant qu’une activité normale ne puisse reprendre. Par ailleurs, en Europe, les mesures de confinement n’ont pas encore démontré (ce qui est normal à ce stade) que les exemples asiatiques d’endiguement de la maladie peuvent être reproduits. Aussi, la nervosité des marchés ne peut que rester élevée face à cette incertitude sur la durée de l’arrêt de l’économie. Toute nouvelle qui amènerait à penser que l’impact sanitaire sera plus marqué, et surtout plus long que déjà anticipé par le marché, pourra engendrer une rechute des marchés à court terme. Cependant, nous pensons  que les points bas déjà constatés constitueront désormais un probable niveau de rebond ; il faudrait vraiment un emballement spectaculaire de l’épidémie, sans réaction des autorités, pour justifier d’enfoncer significativement et durablement ces niveaux.

En conclusion

Nous considérons que la stratégie d’achats progressifs que nous prônons depuis plusieurs semaines reste la bonne. En effet, l’évolution sanitaire est difficilement prédictible et nous pensons que faire preuve d’humilité, en privilégiant cette stratégie d’investissements par paliers, optimise le couple rendement/risque des portefeuilles. Sur un horizon de moyen et long terme, nous restons convaincus que la faiblesse actuelle des cours constitue une opportunité rare de prendre des positions.

Meeschaert

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