Souvent Trump varie et fol est qui s’y fie.  Les volte-faces successives du Président américain sur le dossier du Covid-19 sont à son image. Après la Chine et l’Europe, tout se jouera dans les semaines à venir aux Etats-Unis.

Souvent Trump varie et fol est qui s’y fie.  Les volte-faces successives du Président américain sur le dossier du Covid-19 sont à son image. Après la Chine et l’Europe, tout se jouera dans les semaines à venir aux Etats-Unis.

Mercredi 26 février, au retour de son voyage officiel en Inde, Donald Trump minimisait ouvertement la gravité du Coronavirus en le comparant à la grippe saisonnière. Deux jours plus tard, le 28 février, au cours d’un grand rassemblement électoral en Floride, il n’en démordait pas et renouvelait ses appels au calme et à continuer à vivre comme si de rien n’était, en accusant les médias d’amplifier le sujet pour nuire à son bilan… et donc à sa réélection.

Le 10 mars, changement de pied : Trump annonce la fermeture des frontières et la mobilisation nationale, avant, quatre jours plus tard, de décréter l’état d’urgence. La pression était trop forte et sa cote de popularité était en danger en raison progression rapide des cas en Europe, et surtout de l’identification des premiers foyers de contamination aux Etats-Unis, dans l’état de Washington et à New York. L’opinion publique américaine, très sensible aux questions de santé, a sonné le tocsin.

Depuis, les mesures s’enchaînent et Trump vise un plan d’allègement fiscal pour 850 milliards de dollars, supérieur aux quasi 800 milliards de dollars débloqués par Obama en 2008.  La balle est désormais dans le camp du Congrès, mais on le voit mal, dans ce contexte, mettre son véto à ce qui s’apparente à un plan de soutien de large ampleur aux ménages américains.

La Fed – sur ordre de Trump ? – a elle aussi amplifié considérablement ses mesures de soutien au système financier : après avoir, en deux temps et moins de 15 jours, ramené ses taux à zéro, elle a annoncé le 17 mars remettre en place un programme d’achat direct des émissions obligataires et procéder désormais deux fois par jour à des injections sur le marché monétaire.

Toutes ces mesures devraient permettre de stabiliser le marché obligataire américain, véritable clé de voûte du système financier mondial, et, plus globalement, redonner confiance dans la capacité de la première économie de la planète à traverser la tempête virale. Reste le plus important, parvenir à juguler concrètement une pandémie longtemps sous-estimée. Toutes les autorités du pays, nationales, comme locales, doivent désormais s’y consacrer, et de manière coordonnée.

Les autorités chinoises ont pris la mesure du problème. La Banque Centrale Européenne devra corriger ses erreurs de la semaine dernière et agir plus amplement et plus rapidement qu’elle ne le fait aujourd’hui. Et Trump ne doit pas jouer à quitte ou double.

Par Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste

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