Outre-Atlantique, le climat se tend. Trump est sous pression et glisse dans les sondages. Le Sénat pourrait même basculer dans le camp démocrate lors des élections de novembre, ouvrant la voie à une administration « full blue ». Et cela inquiète les marchés.

Le Covid-19, en déclin à New York, n’est pas encore totalement sous contrôle dans le reste des Etats-Unis. En Floride, au Texas, en Caroline du Nord, le nombre de cas quotidien est en nette hausse, tandis que les services de réanimation en Arizona sont près de la saturation avec un taux d’occupation proche de 80%. Et en Californie non plus les dernières projections ne sont pas totalement rassurantes. Certes l’économie n’est plus à l’arrêt, mais le consommateur américain est loin d’avoir retrouvé tout son appétit : l’indice calculé par l’université du Michigan le mesure à 78,9 pour le mois de juin, bien loin des 95 d’avant la crise.

Cette inquiétude économique et épidémiologique se double d’une agitation sociale qui réveille les tensions entre communautés et fait planer la menace d’un retrait prolongé de la consommation dans les zones les plus affectées. Les statistiques de Google pour la deuxième semaine de juin 2020, montrent ainsi un recul de 30% des recherches liées aux dépenses de consommation des particuliers dans les États de la côte Ouest par rapport à la moyenne.

Le retour de ces incertitudes pourrait, à lui seul, expliquer le regain de volatilité des marchés depuis quelques jours. Mais le contexte politique contribue aussi à l’inquiétude des investisseurs. La cote de Donald Trump semble en effet affectée par ce climat tendu. Non seulement son taux de popularité moyen est désormais d’à peine plus de 40% selon le site fivethirtyeight, qui compile les dernières enquêtes d’opinion mais l’institut Rasmussen, qui lui est statistiquement plus favorable, ne le crédite plus que de 43% d’opinions favorables.

La baisse de la confiance dans le Président en exercice érode ses chances de réélection en novembre prochain, longtemps considérée comme quasi acquise par Wall Street. Largement distancé par Joe Biden dans les sondages nationaux – le dernier sondage CNN lui donne jusqu’à 14 points de retard – il est également en difficulté dans plusieurs états clés du prochain scrutin comme le Michigan, la Pennsylvanie ou la Floride. Même le traditionnellement très républicain Texas pourrait être plus disputé que prévu.

Au-delà de l’élection présidentielle, c’est bien la possibilité, dès janvier prochain, d’un pouvoir fédéral totalement démocrate, Présidence, Chambre des Représentants et Sénat, qui agite les marchés. Les dernières cotes compilées par le site Predictit laissent penser que ce scénario, considéré jusqu’alors comme extrêmement improbable, est désormais du domaine du possible, avec un Sénat qui pourrait basculer d’un siège vers les démocrates, voire se retrouver à 50-50, situation où le Vice-Président peut alors trancher un vote.

Or, si Joe Biden représente bien l’aile « centriste » du Parti, rassurante pour les milieux d’affaires, sa victoire nécessite le soutien de ses représentants les plus progressistes, à l’image d’Elizabeth Warren ou d’Alexandria Ocasio-Cortez. Un vote massif qui laisserait toutes les clés du pouvoir fédéral aux démocrates, pourrait ainsi ouvrir la voie à de spectaculaires remontées d’impôts, en particulier pour les entreprises, et au retour de réglementations beaucoup plus contraignantes, de l’environnement aux services financiers en passant par l’industrie pharmaceutique et bien sûr les GAFA. De quoi susciter, a minima à court terme, la prudence des investisseurs devant ce possible changement brutal d’environnement.

Il reste du temps avant l’échéance du 3 Novembre et Trump ne restera pas sans réaction. Le 45ème président des Etats-Unis n’aime rien tant que l’atmosphère électrique des combats électoraux. Nul doute qu’il voudra reprendre la main rapidement et être à la manœuvre alors qu’il reprend ses meetings de campagne : un plan de relance massif additionnel plairait aux marchés… davantage que le retour de la guerre commerciale avec la Chine, voire l’Europe !

Le marché américain est revenu aux alentours de 3000 points pour le SP500, un niveau clé où se situe la moyenne mobile 200 jours, très suivi par Wall Street.

Par Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste

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