Nouvelle semaine d’expectative et d’observation pour les investisseurs avec la décision de la FED attendue dans le sillage de celle de la BCE la semaine passée. Si nous ne reviendrons pas sur la très attendue baisse des taux de 0.25% de la part de Monsieur Powell, ni sur les différences fondamentales entre le mouvement de la FED réalisé pour tenter de prolonger un cycle expansionniste de près de dix ans et celui de la BCE réalisé après cinq années d’échecs à relancer quoi que ce soit, nous signalerons plutôt un point commun inquiétant entre les deux institutions.

Elles sont de moins en moins des institutions monétaires travaillant sur les politiques économiques fondamentales des pays et de plus en plus de simples superviseurs de banques et des institutions financières, réagissant pour et au gré des marchés financiers plutôt que dans des perspectives long terme.

Ainsi, alors même que rien dans l’économie américaine ne suscitait un ralentissement de l’économie, la FED a essentiellement réagi à des aspects financiers :

  • L’inversion de la courbe des taux : à ce propos, spécifiquement, bon nombre d’analystes confondent les termes et assimilent les crises financières aux récessions. Ainsi, on entend souvent que l’inversion de la courbe des taux est précurseur de récession alors qu’en réalité l’inversion de la courbe des taux a quasiment toujours été précurseur de crise financière et de chute des marchés actions, mais sans pour autant que cette chute des actions provoque ou soit due à une récession. Donc l’inversion de courbe est bien un déclencheur financier négatif entraînant un évènement financier négatif, mais pas forcément un évènement économique. Evidemment, si la chute des actions est trop forte, cela peut entraîner mécaniquement une crise économique, surtout aux USA où les marchés financiers jouent un rôle important dans l’endettement des ménages et dans leur patrimoine. Mais il s’agit donc de crises financières déclenchant par leur violence des crises économiques et potentiellement des récessions, ce qui est tout à fait différent du fait de considérer que des signaux financiers pourraient être des signaux économiques.
  • Les valorisations des actions.
  • Les à-coups boursiers récents.
  • Les anticipations du marché quant à une potentielle baisse de taux.
  • La crise de liquidité récente sur le marché monétaire, phénomène assorti de quelques prémices depuis quelques semaines et qui a inquiété la FED.

Ainsi, plutôt que d’être autonome et contracyclique aux autres forces économiques et monétaires, la FED devient totalement procyclique en répondant aux signaux financiers, ce qui devient un réel danger pour l’économie : ces signaux sont à court terme, les conflits d’intérêts de grande ampleur deviennent évidents car la sphère financière à tout intérêt à envoyer régulièrement des signaux d’inquiétude à la FED pour la faire réagir ; les volumes et les forces en présence sont très difficiles à appréhender entre investisseurs locaux et étrangers, fonds souverains parfois en conflit (cf. la Chine), fonds directionnels à fort effet de levier, banques d’investissement avides de volatilité ou investisseurs long terme dont la voix finit par ne plus beaucoup porter…

Le phénomène serait à peu près équivalent pour la BCE qui tente souvent plus de rassurer les marchés que de travailler main dans la main avec les dirigeants des Etats pour organiser une politique économique de grande ampleur… La seule différence serait qu’on pourrait difficilement qualifier la BCE de procyclique car il faudrait déjà trouver quelque cycle économique significatif dans une Europe bien atone…

Dans ce contexte, nous restons néanmoins des financiers et nous ne pouvons nous extraire totalement des flux, la gestion restant un cocktail alchimique entre l’analyse fondamentale et les flux de marché… Ainsi, nous considérons aujourd’hui que les banques centrales ont réagi aux incantations passées des marchés plus qu’elles n’ont agi pour provoquer des phénomènes positifs dans l’avenir. On observe d’ailleurs que beaucoup d’analystes, économistes et autres observateurs en sont restés dubitatifs et que les marchés financiers n’ont pas réagi du tout à ces mesures, voire même ont adopté une attitude plus attentiste.

Octo AM

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Octo Asset Management est une société de gestion agréée par l'Autorité des Marchés Financiers en 2011 spécialiste du marché obligataire et de la dette corporate.

Créée en 2011 et intégrée au groupe Amplegest, Octo Asset Management propose des solutions de gestion obligataire à valeur ajoutée et des outils innovants à ses investisseurs, s'appuyant sur les trois piliers de l'entreprise depuis sa création : flexibilité, indépendance et spécialisation.

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