Alors que les chocolatiers et autres ostréiculteurs commencent à s’activer, les gérants d’actifs commencent eux à ralentir le rythme et à voir arriver le mois de décembre comme un soulagement après une année 2019 qui est parvenue, pour la plupart, à rattraper les déboires de 2018…

Alors que les chocolatiers et autres ostréiculteurs commencent à s’activer, les gérants d’actifs commencent eux à ralentir le rythme et à voir arriver le mois de décembre comme un soulagement après une année 2019 qui est parvenue, pour la plupart, à rattraper les déboires de 2018… Au vu 1/ des flux, très modérés ; 2/ du discours des banques centrales, très accommodant sur le court terme ; 3/ des perspectives économiques mondiales qui semblent s’améliorer pour mi-2020 ; 4/ des liquidités, toujours abondantes et 5/ des perspectives des économistes de marché, plutôt optimistes pour les semaines à venir, il y a peu de chances de voir un retournement massif des actifs risqués en cette fin d’année, sauf à ce qu’un fameux cygne noir pointe son bec sur les marchés…

Peu de mouvements donc la semaine passée hormis sur quelques noms et secteurs comme Atalian ou les secteurs très cycliques comme l’acier.
Sur la première, en amont de la publication des résultats qui étaient prévus vendredi dernier, on a observé une chute importante de la valorisation de ses obligations. En effet, les publications et les conférences précédentes s’étaient révélées décevantes voire même inquiétantes. Certes, si la liquidité restait correcte dans la mesure où l’entreprise n’avait aucune échéance significative avant 2024, le levier croissait significativement, les cessions programmées tardaient, mais surtout les perspectives annoncées par le management restaient excessivement floues rendant les investisseurs suspicieux et propres à tirer Atalian vers les abysses obligataires, vers des niveaux de 10% à 15% de rendement.

Alors, en prévision de cette publication, les obligations, comme pour anticiper le mouvement, ont fortement chuté au cours de la semaine, de lundi à jeudi, quelques investisseurs souhaitant probablement céder leurs positions prépublication mais ne trouvant que peu de liquidité pour le faire : d’abord parce que l’entreprise n’attire plus grand monde du fait de son rating et de son risque, ensuite parce que la fin d’année, moins liquide, est peu propice à ce type de transaction… Nous signalerons donc que s’il peut être opportun de céder ses titres en amont des résultats pour certaines entreprises high yield, les mauvaises surprises étant largement plus sanctionnées que les bonnes ne sont récompensées, il faut absolument le faire suffisamment tôt, c’est-à-dire au moins 10 à 15 jours avant la publication.
Finalement, si elle n’a pas révélé de nouvelle mirifique, la publication d’Atalian est restée plutôt correcte et a montré une légère inflexion opérationnelle, avec certaines synergies propres à améliorer la génération de cash-flows, quelques cessions de petits actifs en cours de trimestre et une certaine prudence dans le discours propre à rassurer modérément les investisseurs. Certes, les acquisitions récentes, notamment Servest et sa filiale Getronics qui vient d’être recapitalisée sans participation de Atalian sont encore des poids dangereux mais si le groupe parvient à générer du cash compte tenu des quatre années à venir sans besoin de refinancement, il lui reste suffisamment de marge de manœuvre pour passer cette épisode compliqué. Ainsi, les obligations ont recouvré sur la journée ce qu’elles avaient perdu sur la semaine.

Quant au secteur de l’acier extrêmement cyclique, les mauvaises nouvelles s’accumulent et certaines entreprises semblent se trouver dans des situations proches de ce qu’elles avaient connu en 2015-2016, période pendant laquelle les rendements s’étaient envolés. Certes, dans un contexte actuel de taux de rendement faibles et de liquidité importante, ces entreprises profitent d’investisseurs plus tolérants qui acceptent significativement plus de risque et leur laisseront probablement plus de marge de manœuvre qu’en 2016, alors même que la situation macroéconomique et les perspectives à venir pour le secteur ne sont pourtant pas meilleures…
Ainsi, de manière plus globale, en dehors de la Chine qui continue d’afficher une croissance de sa production, le reste du monde voit le fléchissement de sa production s’accélérer de trimestre en trimestre, notamment aux USA où le secteur avait été temporairement dopé en 2018 par les barrières protectionnistes de Monsieur Trump et en Europe qui subit toujours les effets collatéraux de la guerre commerciale sino américaine pilotée par des dirigeants européens qui tentent de répondre à des crises économiques par des mesures politiques souvent en dehors de toute réalité…

Evidemment, les baisses de volume commencent à peser sur les marges des fabricants d’aciers et si les plus solides résistent pour le moment, épargnés en termes bilantiel, les plus faibles pourraient bien faire face à des restructurations significatives. On citera notamment Schmolz+Bickenbach qui tente actuellement de procéder à une augmentation de capital de 325 millions de francs suisses pour une capitalisation actuelle de 255 millions, tant la dette et la faiblesse des revenus rend la pérennité de l’entreprise compromise.

Dans un second temps, certaines entreprises très liées au secteur pourraient également voir leurs marges rechuter, comme les fournisseurs de machines pour les aciéristes ou les producteurs d’équipement en acier ; nous penserons notamment à Vallourec dont la grande difficulté réside dans son positionnement charnière compliqué corrélé à la fois à l’acier et au pétrole, le tout dans un pays où la flexibilité du travail et donc des coûts fixes de production est évidemment sans commune mesure avec des pays comme la Chine ou même les USA…

Matthieu Bailly, Octo Asset Management

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Octo Asset Management est une société de gestion agréée par l'Autorité des Marchés Financiers en 2011 spécialiste du marché obligataire et de la dette corporate.

Créée en 2011 et intégrée au groupe Amplegest, Octo Asset Management propose des solutions de gestion obligataire à valeur ajoutée et des outils innovants à ses investisseurs, s'appuyant sur les trois piliers de l'entreprise depuis sa création : flexibilité, indépendance et spécialisation.

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