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Edito : Tant que ça dure !

Après être sortie de la crise sanitaire bien avant les autres pays, la Chine a choisi de tempérer un peu l’emballement du grand réveil après les mois de sévères restrictions. Soucieuse de faire de sa devise la référence de la sphère asiatique, dans un premier temps, elle doit maintenir des rendements souverains attractifs, pratiquer une politique monétaire qui rassure et afficher un bilan de banque centrale contrôlé. La Chine veut montrer sa volonté de maîtriser les risques de dérives, dans tous les domaines.

Du fait d’investissements massifs dans la recherche de vaccins et d’une grande expertise logistique, les Etats-Unis conduisent une campagne de vaccination remarquablement efficace qui devrait leur permettre de bénéficier d’une immunité collective prochainement. Au même moment, l’administration Biden parvient à restituer un climat de confiance auprès de la majorité de la population, en subventionnant les plus démunis et en proposant des plans de relance d’une ampleur inégalée.

Après un premier plan d’aide de 1 900 milliards de dollars déployés sur 3 mois, les démocrates tentent de convaincre le Congrès d’un plan de relance de 2 250 milliards de dollars sur 10 ans qui viendrait financer les transports & infrastructures, les réseaux télécoms & le bâtiment, la restauration d’une industrie domestique dans des secteurs qui exigent une autonomie nationale trop longtemps délaissée.

Les démocrates modérés souhaiteraient éviter une augmentation trop massive de la dette, les progressistes voudraient une enveloppe plus conséquente tandis que les républicains s’inquiètent de l’inévitable hausse des impôts qui suivront. En effet, le financement serait notamment assuré par un relèvement de 21% à 28% du taux d’imposition des sociétés. Trouver un compromis prendra un peu de temps.
Enfin, un troisième plan de 2 000 milliards de dollars, destiné au social, à l’enseignement et à la santé, devrait suivre. Ces dépenses seraient financées par une hausse de la fiscalité des ménages.

Les moyens déployés sont impressionnants. Cumulés, ils atteindraient près de 25% du PIB. De plus, ils arrivent au bon moment. Soucieuse d’enclencher une reprise durable de l’économie, la FED soutient cette orientation. Elle se réserve une flexibilité importante pour adapter sa politique monétaire aux impacts qui découleront de l’inflation et des changements notables de fiscalité. Les Etats-Unis n’ont pas à intégrer les effets de cette politique fontaine sur leur devise, ils disposent d’un avantage majeur, le dollar est toujours la monnaie de réserve mondiale.

En Europe, le climat des affaires et des ménages s’améliore mais le retard pris par la campagne de vaccination repousse d’autant la sortie de crise. La reprise pourra pleinement débuter une fois les deux tiers de la population vaccinés. Or, à ce jour, le Royaume-Uni a atteint 46%, la France 14%, l’Allemagne et l’Italie 12% (à comparer à 30% pour les Etats-Unis et 5% pour le monde). En France, la réticence se manifeste dans les perspectives d’épargne à douze mois qui ne fléchissent pas et dans les intentions d’achats importants futurs qui ne progressent presque pas (INSEE).

La BCE veille et rassure, la situation tendue en Italie sera gérée, la hausse des taux longs, en sympathie avec leurs semblables américains, sera contrôlée. Le plan de relance européen est plus modeste mais la solidarité européenne en temps normal a toujours été plus prononcée qu’aux Etats-Unis, de ce fait l’effort supplémentaire en cas de crise est plus modéré. La mise en œuvre qui tarde s’accommode volontiers du rythme hésitant des vaccinations.

Pendant ce temps … les indices des grandes places boursières poursuivent leur progression. Depuis l’époque pré-Covid, le S&P 500 a gagné 20%, le Nasdaq 39%, le CSI 300 chinois 24%. Le Stoxx Europe 600 n’affiche que 3% mais 28% depuis début novembre 2020, comparés à 25% aux Etats-Unis. Les investisseurs se sont projetés dans le futur post-Covid, considérant cette crise sanitaire comme une phase à placer entre parenthèses. Ils ont décidé de prolonger la trajectoire qui se profilait « avant » et anticipent une forte reprise.
Profitons en tant que ça dure !

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