La hausse du prix de pétrole va peser sur l’économie française et notamment sur le pouvoir d’achat des ménages, explique l’économiste Philippe Waechter.

La Croix : Le pétrole retrouve ses niveaux de fin 2018. Quel effet cela peut-il avoir sur l’économie française ?

Philippe Waechter : Cette hausse remet en cause les prévisions assez largement partagées jusqu’ici qui voyaient le pétrole rester en 2019 sous les niveaux de l’année précédente. Ce n’est plus le cas et cela va avoir de nombreux impacts.

L’augmentation des cours du baril va d’abord jouer sur la balance commerciale française, qui va se dégrader davantage, mais elle va surtout peser sur l’évolution du pouvoir d’achat. Les prévisions du gouvernement et de la plupart des experts pensaient en effet que le pétrole allait contribuer à freiner l’inflation et donc donner un coup de pouce au pouvoir d’achat des ménages.

L’idée dominante était que les mesures du gouvernement, celles prises en décembre 2018 et celles qui doivent encore être annoncées, allaient ainsi voir leur effet amplifié par une inflation plus faible. Le tout devait aboutir à un très fort coup de pouce au pouvoir d’achat. Avec un pétrole qui resterait autour de 75 dollars le baril, ce n’est plus du tout la même histoire. Si ce scénario se confirme, alors une partie des gains attendus vont être absorbés par l’inflation de la facture énergétique.

Le pétrole influe-t-il fortement sur le pouvoir d’achat des ménages ?

P. W. : Le prix des carburants est un facteur très important qui pèse directement sur le budget des ménages. Mais, au-delà de cet effet mécanique sur le pouvoir d’achat, cela joue surtout beaucoup sur la perception qu’ont les Français de l’évolution de leur situation financière.

Le prix du pétrole occupe une place singulière dans le ressenti des Français car tout le monde voit quand cela augmente. Contrairement à celui d’un paquet de pâtes, le prix du litre d’essence est un véritable marqueur. C’est un prix auquel on fait attention car lorsqu’on fait le plein, cela coûte cher, et donc on regarde le prix de près.

La hausse des prix à la pompe est donc un sujet très sensible qui pourrait remettre sur le devant de la scène des questions sur le coût des déplacements et le manque d’alternative pour ceux qui dépendent de leur voiture. Cela pourrait faire renaître des revendications autour de la baisse des taxes lorsque le cours du pétrole augmente. C’est une donnée qui complique évidemment les choses pour le gouvernement.

Le cours d’autres matières premières étant aussi orienté à la hausse, y a-t-il un risque de voir l’inflation repartir fortement ?

P. W. : Au niveau national, le seul prix qui importe vraiment, c’est celui du pétrole. Bien sûr, d’autres matières premières peuvent augmenter mais leur variation joue seulement sur certains coûts de production et n’ont pas du tout la même ampleur sur l’économie en général.

Sur les dernières années, la volatilité de l’inflation est très directement corrélée avec l’évolution des prix du pétrole. Hors pétrole, l’inflation sous-jacente reste stable. Ce qui fait la variation de l’inflation, c’est bien les fluctuations du pétrole.

L’Europe entière est-elle touchée de la même façon par la hausse des cours du pétrole ?

P. W. : Tous les pays n’ont pas exactement la même sensibilité au pétrole, mais tous sont concernés à peu près de la même façon. Les taux d’inflation dans la zone euro sont directement liés au prix du pétrole.

Au niveau européen, il faut aussi voir que cette augmentation du pétrole intervient alors que les risques se multiplient sur le commerce mondial. On pouvait espérer que les effets négatifs liés au commerce mondial soient compensés par une bonne dynamique interne dans les pays européens. Si le pétrole continue sur la même pente, cette dynamique pourrait être largement remise en cause.

Source : La Croix, Recueilli par Mathieu Castagnet

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