Le bois : un investissement durable et rentable

Indéfiniment renouvelable, capteur de CO2 et à l’origine d’une vaste chaîne de valeur : le bois a tout pour plaire. “Le momentum très porteur qu’il connaît actuellement s’accompagne d’excellentes perspectives de long terme, fondées sur la transformation verte de multiples industries”, assure Christoph Butz, ingénieur forestier de formation et gérant de la stratégie Timber de Pictet Asset Management lancée en 2008.
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Quelle place accorder au bois quand on recherche la durabilité?

“Le critère de durabilité est devenu omniprésent en matière de placements et l’on ne peut que s’en réjouir. Spontanément, lorsqu’on évoque cette notion, les gens pensent à l’énergie propre. Or, les arbres peuvent être notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique et la dégradation de l’environnement.

Les forêts protègent les sols, l’eau et l’air et constituent l’habitat terrestre le plus important pour la biodiversité. Elles captent le CO2 de l’air et le stockent dans leur biomasse. Les fibres à base de bois sont recyclables, alors que le plastique pollue l’environnement pendant des décennies. Tout ce qui est fait à partir du pétrole peut être fabriqué à partir d’un arbre – des carburants aux vêtements, en passant par les molécules chimiques.”

”Dans son rapport de 2020 sur l’impact climatique des forêts, l’expert Peter Holmgren1a calculé que les forêts européennes et les produits dérivés de la forêt peuvent compenser 20% des émissions de CO2 de toute l’UE. On a également démontré que les forêts gérées durablement absorbent plus de carbone que les forêts non administrées. Notre stratégie Timber présente d’ailleurs un bilan carbone négatif, c’est-à-dire que les entreprises qui composent le portefeuille retirent plus de CO2 de l’atmosphère qu’elles n’en émettent, contribuant ainsi à un impact positif sur l’environnement. Un atout très rare pour une stratégie d’investissement !”

”Le bois constitue véritablement le matériau durable par excellence et son utilisation dans plusieurs produits favorise l’économie circulaire”, insiste Christoph Butz. ”Il est abondant, bon marché et renouvelable à l’infini s’il est géré de manière durable. Nous sélectionnons d’ailleurs très soigneusement les sociétés productrices de bois. Les entreprises de la filière dont nous sommes partenaires replantent trois ou quatre arbres pour chaque arbre récolté et opèrent dans des zones où les forêts sont administrées dans le respect le plus strict des critères de durabilité – principalement au Canada, aux Etats-Unis, dans les pays nordiques et au Japon. Nous n’investissons pas en Malaisie, en Indonésie ou dans d’autres zones écologiquement sensibles.”
Vous êtes à la tête du seul fonds géré activement et entièrement dédié à la thématique du bois. À quel stade de la chaîne de valeur du bois investissez-vous ?

“Notre stratégie investit dans des sociétés engagées dans une démarche durable tout au long de la chaîne de valeur du bois, allant de la plantation et la gestion des forêts jusqu’à la transformation du bois à des fins de construction, d’utilisation industrielle ou de consommation.“

“Même si nous privilégions les sociétés propriétaires d’exploitations forestières, la filière offre aujourd’hui un ensemble d’opportunités d’investissement particulièrement attrayantes et diversifiées. L’innovation dans le domaine du bois a fait naître une industrie très dynamique, enregistrant une croissance rapide, qui englobe non seulement le bois d’œuvre pour la construction, la pâte à papier et le carton d’emballage, mais également les produits d’hygiène personnelle, les vêtements, les biomatériaux ou encore les cathodes à base de lignine pour les batteries, … “

“Les constructions en bois par exemple– dont on voit que, grâce à de nouvelles technologies comme le bois lamellé-croisé, elles peuvent atteindre 20 étages – ont le vent en poupe. Mais la renaissance du bois ne s’arrête pas aux bâtiments. Le bois peut également être utilisé comme substitut pour toutes les matières d’origine fossile. On fabrique du biodiesel à base de bois, en évitant d’entrer en concurrence avec la chaîne alimentaire, contrairement par exemple au colza. Les habits en fibre de viscose, qui n’émettent pas de microplastiques au lavage, pourraient remplacer ceux en polyester, qui s’adjugent les deux tiers de la production actuelle. De nouvelles utilisations du bois apparaissent chaque jour. Tant de choses peuvent être fabriquées en bois. Nous ne sommes qu’au début de la découverte de ce qu’un arbre peut faire et du plein potentiel de ce matériau véritablement durable. Les investisseurs se doivent d’en avoir conscience.”

La reprise post-crise sanitaire qui se dessine soutient-elle le secteur bois?

“Bien sûr! La demande est déjà repartie en force, tirée notamment par le marché du logement aux Etats-Unis en forte reprise. Surtout, la tendance structurelle de long terme est haussière. L’augmentation croissante du commerce électronique et la guerre contre le plastique sont des moteurs puissants de la demande de carton d’emballage et d’autres emballages à base de fibre de bois. L’évolution démographique et la hausse du pouvoir d’achat dans les pays émergents se traduisent aussi par une demande accrue de produits issus du bois. Et l’UE est en train de ‘traduire’ son Green Deal en termes d’investissements, ce qui, en tenant compte tant de l’effet de capture-stockage que de l’effet de substitution, ne peut être que bénéfique pour toute la filière.”

“De plus, les craintes d’une hausse de l’inflation pourraient également encourager les investisseurs à se tourner vers la classe d’actifs du bois, souvent considéré comme une couverture contre l’inflation.“

[1] Source: https://www.cepi.org/wp-content/uploads/2020/07/Cepi_-study.pdf

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